Huile de chanvre pour les cheveux : usages et composition
L’huile de chanvre est une huile de graines, pressée à froid, distincte de l’huile de CBD extraite des fleurs. Sa richesse en acides gras insaturés en fait un actif courant en cosmétique capillaire, appliqué en soin externe sur longueurs et pointes. Voici ce que sa composition apporte réellement, et ce qu’elle ne remplace pas.
Huile de graines de chanvre ou huile de CBD : de quoi parle-t-on pour les cheveux ?
Sous l’appellation « huile de chanvre », deux produits très différents circulent dans le commerce. L’huile de CBD est extraite des fleurs et feuilles de chanvre, riche en cannabinoïdes, et relève d’un usage totalement distinct. L’huile de chanvre utilisée en cosmétique capillaire est, elle, une huile de graines (parfois appelée huile de pépins de chanvre), obtenue par simple pression à froid des graines, sans cannabinoïdes actifs. C’est cette huile de graines, proche par sa composition des huiles de lin ou de noix, qui est employée en soin des cheveux et qui fait l’objet de cet article.
Pour comprendre en détail les différences entre les deux huiles (extraction, composition, usages respectifs), l’article huile de chanvre ou huile de CBD détaille ce comparatif ; il n’est pas repris ici.
Composition de l’huile de graines de chanvre : quels acides gras pour la fibre capillaire ?
L’huile de graines de chanvre doit son profil aux acides gras polyinsaturés qui la composent. Selon une publication de la revue scientifique OCL (Oilseeds and fats, Crops and Lipids), elle contient entre 55 et 57 % d’acide linoléique (oméga-6) et entre 14 et 18 % d’acide alpha-linolénique (oméga-3), auxquels s’ajoute de 2 à 4 % d’acide gamma-linolénique, une forme d’oméga-6 plus rare que l’on retrouve peu dans les huiles végétales courantes. La même source indique qu’elle renferme environ 80 mg de tocophérols pour 100 g, dont près de 92 % sous forme de gamma-tocophérol, l’une des formes de vitamine E.
Sur la fibre capillaire, ces lipides insaturés jouent un rôle de corps gras émollient : ils contribuent, comme d’autres huiles végétales riches en acides gras essentiels (lin, noix, bourrache), à limiter la déshydratation de la cuticule et à apporter de la souplesse au toucher. La vitamine E qu’elle contient est un antioxydant reconnu, qui protège aussi l’huile elle-même de l’oxydation dans le temps, un point à surveiller lors du stockage, une huile oxydée perdant en qualité cosmétique. Cette composition n’a rien de spécifique aux cheveux : elle est identique que l’huile soit destinée à un usage alimentaire ou cosmétique, seuls le conditionnement et l’usage annoncé changent.
Dans la nomenclature cosmétique européenne (INCI), cette huile est répertoriée sous le nom Cannabis Sativa Seed Oil. La base de données professionnelle COSMILE Europe lui attribue la fonction « Skin Conditioning, Emollient », décrite comme la capacité à « adoucir et assouplir » la surface traitée, ainsi qu’une fonction générale de maintien en bon état de la peau. Le même document relie sa teneur élevée en acides gras polyinsaturés, dont l’acide gamma-linolénique, au soutien de la fonction barrière protectrice, et cite les cheveux cassants et la peau sèche parmi les usages associés à cet ingrédient, une indication cosmétique, non une promesse de résultat.
Comment appliquer l’huile de chanvre sur les cheveux : longueurs, pointes, cuir chevelu, masque
Dans l’usage cosmétique courant, l’huile de chanvre s’utilise en application externe, comme n’importe quelle huile végétale capillaire. Le site spécialisé Compagnie des Sens décrit une texture « fluide et légère » qui permet une application directe : quelques gouttes réparties en insistant sur les pointes et les longueurs, zones les plus exposées à la sécheresse et à la casse, suivies d’un temps de pose de quelques minutes avant rinçage ou shampoing. Sur le cuir chevelu, une application locale en massage léger reste possible sur cheveux secs, mais elle est à réserver à celles et ceux dont le cuir chevelu ne présente pas d’excès de sébum : l’huile peut alourdir les racines si elle est utilisée en excès à cet endroit.
Deux usages reviennent le plus souvent en pratique. En bain d’huile avant shampoing : application sur cheveux secs, pose de 20 à 30 minutes sous serviette ou charlotte, puis double shampoing pour bien éliminer le corps gras. En sérum de finition : une à deux gouttes lissées entre les paumes, puis appliquées sur pointes sèches ou fourchues en fin de routine. Comparée à des huiles plus denses comme le ricin ou la coco, sa texture légère limite l’effet « cheveux alourdis » redouté sur les chevelures fines ou déjà grasses en racines.
Comme pour toute huile végétale appliquée sur la peau ou le cuir chevelu, un test au pli du coude 24 à 48 heures avant la première utilisation permet de repérer une éventuelle réaction cutanée. Une à deux applications par semaine suffisent généralement en entretien ; un usage quotidien n’apporte pas de bénéfice supplémentaire démontré et augmente surtout le risque d’alourdir la chevelure.
Ce que l’huile de chanvre ne fait pas : ni traitement, ni promesse de repousse
L’huile de chanvre reste un soin cosmétique, pas un traitement. Aucune donnée ne permet d’affirmer qu’elle « fait repousser les cheveux », qu’elle « stoppe la chute » ou qu’elle « répare » en profondeur une fibre capillaire abîmée : ces formulations, fréquentes dans certains discours commerciaux, relèvent de l’allégation et non de la composition réelle du produit. Une huile végétale agit en surface, sur la gaine et la cuticule du cheveu déjà formé ; elle n’intervient ni sur le follicule pileux ni sur les mécanismes biologiques de la pousse ou de la chute, qui dépendent d’autres facteurs (génétique, hormonal, carentiel, dermatologique).
En cas de chute de cheveux inhabituelle, de pellicules persistantes, de démangeaisons ou de toute autre anomalie du cuir chevelu, une consultation chez un dermatologue reste la démarche appropriée, plutôt qu’un soin cosmétique utilisé seul. Il en va de même pour l’huile de CBD, parfois confondue à tort avec l’huile de graines de chanvre : quelle que soit sa composition, elle n’est pas un médicament et ne se substitue à aucun traitement prescrit.
Cet article a une vocation informative et cosmétique. Il ne constitue ni un avis médical ni une promesse de résultat. Le CBD, lorsqu’il est présent dans un produit distinct de l’huile de graines évoquée ici, n’est pas un médicament et ne remplace aucun traitement prescrit par un professionnel de santé. Pour tout problème capillaire ou cutané persistant, l’avis d’un dermatologue est recommandé.
L’huile de graines de chanvre est également utilisée en soin du visage, avec des usages et des précautions différents de ceux détaillés ici pour les cheveux : l’article huile de chanvre visage traite spécifiquement de cette application cutanée.