Comprendre les huiles

Le CBG : ce que l’on sait de ce cannabinoïde


Publié le 11 August 2026 · Mis à jour le 22 July 2026

Le CBG, ou cannabigérol, est l’un des cannabinoïdes du chanvre les plus recherchés en ligne, souvent associé à la question de ses « effets ». Avant de parler de propriétés, il faut comprendre ce qu’est réellement cette molécule, sa place dans la plante et surtout ce que la recherche scientifique a établi, ou non, à son sujet.

Qu’est-ce que le CBG ?

Le CBG (cannabigérol) est un cannabinoïde naturellement présent dans la plante Cannabis sativa, décrit dans la littérature scientifique comme dépourvu d’effets psychotropes, contrairement au THC. Une revue publiée en 2024 dans la revue Molecules le définit comme un cannabinoïde non psychoactif dont les mécanismes moléculaires suscitent un intérêt croissant chez les chercheurs (Li et al., 2024). Sur le plan chimique, il s’agit d’un composé terpénophénolique qui, in vitro, a été observé en interaction avec plusieurs cibles biologiques : les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, les récepteurs adrénergiques alpha-2, les canaux TRP (TRPV1, TRPV2, TRPA1, TRPM8) et le récepteur sérotoninergique 5-HT1A. Le CBG serait également capable d’inhiber la FAAH, une enzyme impliquée dans la dégradation de l’anandamide, un endocannabinoïde produit naturellement par l’organisme. Ces observations, obtenues sur des modèles cellulaires ou animaux, décrivent un profil pharmacologique de la molécule, elles ne constituent pas la preuve d’un effet chez l’humain, et il convient de garder cette distinction à l’esprit à chaque fois qu’un mécanisme d’action est mentionné.

Sa place dans la plante : le CBGA, précurseur des autres cannabinoïdes

Pour comprendre le CBG, il faut remonter à sa forme acide, le CBGA (acide cannabigérolique). Dans la plante, la biosynthèse des cannabinoïdes part de cette molécule unique : les enzymes de la plante convertissent le CBGA en acide tétrahydrocannabinolique (THCA) ou en acide cannabidiolique (CBDA), qui donneront respectivement le THC et le CBD après décarboxylation (chauffage). Le CBGA est ainsi souvent qualifié de « molécule mère » des cannabinoïdes, puisque THCA et CBDA en dérivent directement. Cette filiation biochimique explique un fait souvent méconnu : le CBG (sous sa forme neutre ou acide) n’est présent qu’en très faible proportion dans le chanvre arrivé à maturité. Une grande partie du CBGA produit par la plante est en effet convertie en d’autres cannabinoïdes au fil de la croissance, si bien que le CBG ne subsiste que comme composé minoritaire au moment de la récolte. C’est cette rareté relative qui explique pourquoi les extraits enrichis en CBG nécessitent une sélection variétale ou une récolte plus précoce que pour le CBD. Sur le plan enzymatique, ce sont des enzymes spécifiques de la plante qui orientent la conversion du CBGA vers l’une ou l’autre voie ; le CBG neutre que l’on retrouve dans les extraits résulte, lui, de la décarboxylation d’une fraction de CBGA non convertie, sous l’effet de la chaleur ou du temps.

Ce que dit (et ne dit pas) la recherche sur le CBG

C’est le point le plus important à clarifier : la très grande majorité des données disponibles sur le CBG proviennent d’études précliniques, c’est-à-dire réalisées in vitro (sur cellules isolées) ou sur des modèles animaux, et non d’essais cliniques menés chez l’humain. Une revue de 2022 consacrée aux aspects pharmacologiques du CBG est explicite sur ce point : les activités biologiques rapportées « ont été démontrées uniquement par des expériences précliniques, et une recherche clinique est nécessaire pour confirmer ces activités potentielles chez l’humain ». Ces travaux précliniques reposent le plus souvent sur des cultures cellulaires ou sur des modèles animaux (rongeurs notamment), utilisés pour explorer des mécanismes d’action et non pour valider un bénéfice chez l’humain. Autrement dit, les pistes explorées en laboratoire, qu’il s’agisse de l’interaction du CBG avec le système endocannabinoïde ou de son action sur certaines enzymes, ne permettent pas, en l’état des connaissances, d’affirmer un quelconque effet établi chez l’être humain. Cet écart entre données précliniques et validation clinique n’est pas une particularité du CBG : il correspond à une étape normale et nécessaire du développement de toute connaissance scientifique sur une molécule, mais il doit être connu de quiconque s’informe sur le sujet. La revue de 2024 parue dans Molecules confirme cette même limite en appelant à des recherches supplémentaires pour évaluer le profil de sécurité du CBG en contexte clinique. Pour un consommateur, cela signifie qu’aucune allégation de type « le CBG soulage » ou « le CBG traite » ne peut aujourd’hui s’appuyer sur une preuve clinique solide chez l’humain, la prudence et l’esprit critique restent de mise face aux raccourcis que l’on peut lire ailleurs sur le sujet.

CBG vs CBD : quelles différences ?

Le CBG et le CBD partagent une origine commune, puisque les deux dérivent du CBGA au sein de la plante, mais ils empruntent des voies enzymatiques distinctes (CBDA synthase pour le CBD) et présentent des profils d’interaction différents avec les récepteurs étudiés en laboratoire. Aucun des deux n’est intoxicant au sens du THC. En dehors de cette parenté biochimique, la comparaison s’arrête là où commence la spéculation : comme pour le CBG, les propriétés du CBD documentées chez l’humain restent encadrées par des données scientifiques encore partielles selon les usages. Pour mieux situer le CBG parmi les différents types d’extraits de chanvre (isolat, spectre complet ou large), la page full spectrum, broad spectrum ou isolat détaille comment ce cannabinoïde peut se retrouver, ou non, associé à d’autres composés de la plante selon le mode d’extraction.

Où trouve-t-on le CBG ?

En raison de sa faible proportion naturelle dans le chanvre mature, le CBG est le plus souvent proposé sous forme d’extraits concentrés, obtenus à partir de variétés sélectionnées pour leur richesse en CBG ou récoltées plus tôt dans leur cycle de floraison. On le retrouve notamment dans des huiles dédiées, seul ou associé à d’autres cannabinoïdes. Comme les autres produits à base de chanvre commercialisés en France, tout produit contenant du CBG doit respecter le seuil réglementaire de 0,30 % de THC applicable aux variétés de Cannabis sativa L. et aux extraits qui en sont issus, conformément à l’arrêté du 30 décembre 2021. Pour le détail de la composition, des dosages et des modes d’utilisation d’un produit à base de ce cannabinoïde, la page dédiée à l’huile de CBG aborde spécifiquement cet aspect produit.

Le b.a.-ba

Le CBG est une molécule identifiable et bien caractérisée sur le plan biochimique : un cannabinoïde non psychoactif, issu du CBGA, présent en faible quantité dans le chanvre mature du fait de sa conversion naturelle en d’autres composés. Les données disponibles sur son activité biologique restent, à ce jour, très majoritairement précliniques. Rechercher « CBG effets » revient donc, en l’état de la science, à s’informer sur des pistes de recherche en cours plutôt que sur des propriétés démontrées chez l’humain.

Avertissement : le CBD et le CBG ne sont pas des médicaments et ne se substituent à aucun traitement. Les données scientifiques évoquées ici proviennent de recherches encore préliminaires, majoritairement précliniques. Pour toute question de santé, demandez l’avis d’un professionnel de santé. Ces produits sont interdits à la vente aux mineurs.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Le CBD n'est pas un médicament. En cas de problème de santé, de traitement en cours ou de grossesse, parlez-en à un professionnel de santé.